​Élections européennes 2019 : notre outil de veille #Vote4Values

Nous avons mis au point un outil de veille afin de montrer quelle est la part d’eurodéputés jugés comme étant opposés aux valeurs fondamentales de l’UE. Cet outil vous permet de savoir à quel groupe politique ils appartiennent et leurs chances de gagner.

Bienvenue sur notre outil de veille #Vote4values (votez pour les valeurs fondamentales). Les élections du Parlement européen approchent à grand pas. Les partis qui ont été en conflit avec l'UE, notamment pour avoir porté atteinte aux valeurs fondamentales de l'Union, pourraient bien figurer dans les quatre groupes politiques majoritaires du Parlement.

Notre outil de veille montre que les partis anti-valeurs siégeant dans les groupes PPE, S&D, ALDE et ECR vont renforcer leur influence et grandir au sein de ces groupes. Si ces partis anti-valeurs restent au coeur du pouvoir politique, alors l'UE risque d'avoir bien du mal à défendre nos valeurs fondamentales. Les partis anti-valeurs ne vont sans doute pas réussir à former plus de 29% du total des sièges du Parlement. Mais ils n'auront pas besoin d'atteindre la majorité pour bloquer les efforts menés par l'UE en vue de protéger nos valeurs fondamentales, si ces derniers parviennent à influencer les principaux groupes politiques de l'intérieur. C'est pourquoi il est important pour les groupes politiques du centre d'expulser leurs partis membres qui ne respectent pas les valeurs de l'UE, mais aussi de travailler ensemble, au-delà de leur orientation politique.

Nous avons créé cet outil de veille afin de vous montrer quelle est la part d’eurodéputé.e.s qui sont contre les valeurs fondamentales, et à quel groupe politique ils appartiennent au sein du Parlement. L’outil de veille vous montrera quelles coalitions pro-valeurs sont possibles si les groupes politiques européens acceptent de se débarrasser des éléments indésirables au sein de leur formation. Enfin, cet outil vous présente également quelles coalitions antivaleurs pourraient être formées si les groupes politiques traditionnels décidaient de collaborer avec des groupes et partis antivaleurs.

Nous mettrons à jour l’outil de suivi régulièrement en utilisant les données de Poll of polls (POLITICO), un site internet qui regroupe les sondages de plusieurs instituts nationaux.

Si vous l’avez manqué, lisez notre présentation de l’outil de veille et notre article expliquant dans les détails le fonctionnement du Parlement et des groupes politiques qui le composent.

Mise à jour du mois de mai

Si vous vous rendez ici pour voir ce qui a changé depuis le lancement du Tracker (cet outil de veille), on vous propose une synthèse des évolutions qui ont eu lieu, en nous basant sur les chiffres avec lesquels nous avons travaillé aux dates du 4 février, 4 mars, 29 mars, 23 avril et 13 mai 2019. Dans l'ensemble, les partis antivaleurs membres des groupes PPE, S&D, ALDE et ECR ont toujours de bonnes chances d'augmenter leur part de sièges par rapport à leur représentation au sein de l'actuel Parlement. Il y a encore trois coalitions pro-valeurs européennes qui pourraient former une majorité si les groupes politiques concernés décident de se débarrasser des parlementaires anti-valeurs fondamentales. En théorie, il est encore possible qu'une colation anti-valeurs forme une majorité, et leur marge n'a pas vraiment changé. Mais dans un débat télévisé en avril, Manfred Weber, candidat du groupe PPE à la présidence de la Commission européenne, a exclut la possibilité pour le PPE de former un alliance avec l'extrême droite.

Since we launched the tracker in February the polls have not fluctuated a lot. That is, over the past few months, the number of seats the political groups are predicted to win has stayed more or less the same. But there have been some big changes in the political landscape.

Depuis le lancement de notre outil de veille en février dernier, les sondages n'ont pas énormément évolués : lors de ces derniers mois, les nombres annoncés de sièges gagnés par les différents groupes politiques sont restés à peu de choses près les mêmes. Mais plusieurs grands changements sont à notés au niveau du paysage politique.

Tout d'abord, il semble à présente que le Royaume-Uni va participer aux élections européennes. Mais nous allons continuer de prendre compte la potentielle non-participation du Royaume-Uni à ces élections pour mener nos analyses, car en cas de participation, les parlementaires risquent de mettre rapidement un terme à leur mandat. Cependant, nous nous attendons à ce que les lecteurs s'intéressent à l'impact de la participation du Royaume-Uni sur les chiffres. Aussi allons-nous vous donner un aperçu du possible impact des parlementaires britanniques sur les coalitions pro et anti valeurs européennes, à travers un Outil de veille prenant en compte la participation du Royaume-Uni (lien)

Ensuite de cela, les deux groupes politiques anti-valeurs (ENF et EFDD) ont disparu. Le parti de Matteo Salvini (Italie) forme un nouveau groupe, l'Alliance européennes des peuples et des nations (European Alliance for People and Nations, EAPN). Ce groupe devrait réunir la plupart des membres de l'ENF, quelques membres de l'EFDD et peut-être des membres de l'ECR. Vous pouvez consulter notre méthodologie pour en savoir plus sur ce point.

Enfin, et c'est une évolution importante, les groupes politiques les plus importants du Parlement ont commencé à reconnaître ouvertement que des éléments indésirables se trouvaient dans leurs rangs et qu'une réaction vis-à-vis de cela était nécessaire. Nous avons noté des discussion au sein du groupe PPE concernant l'adhésion du parti hongrois Fidesz, et ce dernier a été suspendu en mars dans l'attente des conclusions d'une enquête interne. Mais il continue d'être membre du groupe. La nécessité d'une enquête en interne ne semble pas pertinente étant donné que les preuves apportées par des organes européens et onusiens ainsi que par le Parlement européen lui-même abondent, attestant l'étendue des violations commises par le parti Fidesz et le gouvernement hongrois. Le groupe S&D a lui aussi annoncé un "gel" de ses relations avec ses membres roumains, en attente d'une décision formelle en juin prochain. De la même façon, le groupe ALDE a recommandé que ses membres roumains soient exclus du groupe (cela fera aussi l'objet d'un vote en juin).

Cela signifie que les discussion sur ces potentielles expulsions de partis anti-valeurs vont se produire uniquement après les résultats des élections européennes. Cela laisse donc à penser que les groupes politiques son davantage préoccupés par la taille de leur groupe que par la défense des valeurs fondamentales. Retarder la prise de ces décisions en juin, après que les résultats soient connus, permet à chaque groupe de mesurer combien leur coûtera une expulsion de ces membres non désirables en termes de nombre de sièges, et dans quelle mesure une telle expulsion pourrait affaiblir le groupe par rapport aux autres. En outre, il semble que le groupe S&D n'envisage pas de "réprimander" ses membres maltais et slovaque. De la même façon, le groupe ALDE ne devrait pas menacer de suspendre son parti membre tchèque. Le Brexit pourrait représenter une occasion utile de continuer les discussions concernant les membres qui posent problème. Les groupes politiques pourraient utiliser la période entre les élections et le Brexit pour expulser les partis anti-valeurs avant que le nombre de sièges du Parlement ne tombe à 705.

La répartition actuelle des sièges au sein du Parlement

Commençons donc par présenter l’actuelle composition du Parlement. Le premier graphique nous montre à quoi ce dernier ressemble en 2019, à l’approche des prochaines élections. Le Parlement est composé de 751 sièges et comprends tous les parlementaires européens du Royaume-Uni. Le graphique montre la façon dont les eurodéputé.e.s sont répartis dans le Parlement, de gauche à droite, en fonction de leur orientation politique. Vous pouvez vous reporter au tableau qui se trouve sous le graphique pour connaître le nombre exact d’eurodéputé.e.s dans chaque groupe politique. Les chiffres que nous donnons pour chaque groupe montrent le nombre de parlementaires dans les groupes en question à la fin du mois de janvier 2019.

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Où siègent les parlementaires antivaleurs du Parlement européen ?

Dans ce second graphique, nous présentons le Parlement dans son actuelle configuration, et représentons les parlementaires antivaleurs en noir.

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Les groupes Europe of Freedom and Direct Democracy (EFDD) et Europe of Nations and Freedom (ENF) figurent tous deux en noirs, à l’extrême droite du Parlement. Mais vous constaterez un éparpillement de points noirs au sein d’autres groupes politiques, de gauche à droite du graphique.

  • Au sein du groupe Progressive Alliance of Socialists and Democrats (S&D), on compte 3 parlementaires du parti Luburista (PL) de Malte, 10 parlementaires du parti roumain Partidul Social Democrat (PSD), 4 parlementaires du parti slovaque SMER.
  • Au sein du groupe ALDE (libéraux), on compte deux parlementaires du parti tchèque ANO et deux parlementaires du parti roumain de l'ALDE (un partenaire de coalition du Partidul Social Democrat).
  • Au sein du groupe de centre droit EPP (European Popular Party), on compte 12 parlementaires du parti hongrois Fidesz.
  • Au sein du groupe de droite ECR (conservateurs et eurosceptiques), on compte 14 parlementaires du parti PiS (Droit et Justice) de Pologne.
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Si vous souhaitez savoir à quel groupe politique appartient un parti politique de votre pays, alors rendez-vous sur ce lien. Vous pouvez chercher les partis nationaux des pays de l’UE en entrant le nom d’un parti, et cela vous dira à quel groupe ces derniers appartiennent au sein du Parlement.

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Le graphique ci-dessus nous indique clairement qu’aucun des quatre groupes politiques au sein du Parlement est libre de parti national qui a été condamné ou remis en cause par l’UE pour avoir violer les valeurs fondamentales. Si un groupe politique comprend en son sein des partis antivaleurs, cela peut poser problèmes. Car les groupes politiques ont tendance à serrer les rangs et protéger des critiques les partis nationaux qui le composent Même quand il s’agit de non respect des valeurs fondamentales que le Parlement est par ailleurs tenu de protéger et faire respecter.

Pexemple, le PPE a aidé à protéger le parti Fidesz des critiques au sein du Parlement européen et ce pendant plusieurs années, en assouplissant les résolutions du Parlement et en bloquant les premières tentatives d’activation de l’Article 7, en signe de loyauté envers son parti membre.

La procédure prévue à l’Article 7 place le pays à l’ordre du jour des ministres nationaux (au Conseil de l’UE) et pourrait conduire à des sanctions. De la même façon, un vote récent à amender à condamner le premier ministre de la République tchèque, Andrej Babiš, jugé corrompu. Mais la majorité du groupe ALDE (libéraux) au sein du Parlement a voté contre la résolution afin de protéger son parti membre, ANO, dirigé par ce même Babiš. En revanche, le groupe ALDE a bien voté en faveur d'une résolution condamnant le gouvernement roumain, alors que leur parti membre roumain fait partie de la coalition gouvernementale roumaine. Le groupe S&D (socialistes) a lui aussi un bilan mitigé : ils ont majoritairement voté en faveur des valeurs fondamentales et ont condamné leur partis membres de Roumanie et Slovaquie, mais se sont largement abstenus en ce qui concerne le parti maltais. Puis, fin décembre, lors d'un vote concernant à la fois la Slovaquie et Malte, le groupe s'est largement joint à la critique contre les gouvernements de ces deux pays.

La pression internationale, surtout lorsqu’elle est exercée par l’UE, peut être très efficace et persuader un gouvernement de changer de comportement. Aussi, si un groupe politique protège un gouvernement qui bafoue les valeurs fondamentales, ce dernier permet-il à ce gouvernement d’aller encore plus loin (et plus vite) dans la détérioration de l’état de droit et de la démocratie. Et cela encourage d’autres dirigeants et partis à bafouer les règles, sachant qu’ils ne risquent pas grand chose en le faisant. Et ce problème se répand dans d’autres pays de l’UE.

Pour que le Parlement européen puisse protéger les valeurs fondamentales de manière effective, chaque groupe politique doit être disposé à se confronter à ses éléments indésirables, à les sanctionner, voire s’en séparer. Comme nous l'avons souligné dans notre mise à jour, certaines mesures ont été prises dans ce sens au sein des groupes PPE, S&D et ALDE.

À quoi pouvons-nous nous attendre après les élections ?

Ci-dessous nous vous proposons un graphique pour vous montrer à quoi le Parlement européen pourra ressembler au lendemain des élections de mai (nous nous appuyons sur des sondages d’opinion). Vous remarquerez peut-être que le Parlement compte de sièges et cela est dû au fait que la sortie du Royaume-Uni de l’UE, le Brexit, va faire passer le nombre de sièges de 751 à 705. Nous avons décidé de mener nos analyses en partant du principe que le Royaume-Uni ne participera pas à ces élections européennes, car même si ce dernier y participe, les parlementaires britanniques élus risquent de mettre rapidement un terme à leur mandat au Parlement européen et quittent leur poste lorsque le Brexit sera effectif. À ce moment-là, le Parlement passera à 705 sièges. Mais si vous voulez savoir à quoi ressemblerait le Parlement avec la participation du Royaume-Uni prise en compte, vous trouverez ci-dessous une analyse séparée.

Si vous voulez savoir d’où viennent nos données, cliquez ici pour plus d’informations.

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Qui perd ? Qui gagne ? Qui reste au même niveau ?

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Qui perd des sièges ? Si vous comparez cela à la configuration actuelle du Parlement, vous constaterez que les deux groupes majoritaires, le PPE et S&D risquent de perdre de nombreux sièges, même s’ils ont de bonnes chances de rester majoritaires. Les Vers risquent eux aussi de perdre des sièges. Le groupe de droite ECR perd lui aussi des sièges. Actuellement, ce dernier compte 19 parlementaires du Royaume-Uni qui seront pas pris en compte une fois le Brexit effectif. Mais cela n'explique pas entièrement les pertes de sièges. Avec ou sans Brexit, la taille de l'ECR devrait rétrécir. Le groupe de conservateurs a récemment annoncé qu’il intégrerait deux nouveau partis : Debout la France (France) et Le Forum pour la démocratie (Pays-Bas).

Qui reste au même niveau ? Il semble que le groupe d’extrême gauche GUE-NGL va garde un nombre de sièges équivalent.

Qui gagne des sièges ?

On s’attend à ce que les libéraux (ALDE) gagnent des sièges, en partie grâce au fait que le parti de Macron va sans doute les rejoindre. Le groupe changera sans doute de nom, sans que l’on sache lequel. Quant à l'ENF, il a été remplacé par un nouveau groupe à l'initiative de Matteo Salvini, l'EAPN. Ce groupe risque de réunir les actules membres de l'ENF ainsi que ceux de l'EFDD, qui a disparu. Certains de ses membres vont sans doute rejoindre l'EAPN, qui, en quelque sorte a remplacé l'ENF. Le mouvement 5 étoiles (Italie) souhaite former un nouveau groupe, mais pour l'instant il ne répond pas aux critères en vue de former un nouveau groupe : il ne possède pas assez de parlementaires, et ces derniers ne proviennent pas d'un nombre de pays suffisant. Aussi avons-nous rangé ces parlementaires dans la catégorie des "nouveaux" et des "non-inscrits", qui ne sont pour l'heure associés à aucun groupe politique.

Zoom sur les possibles résultats pour les parlementaires anti valeurs fondamentales

Afin de se rendre compte un peu mieux des possibles résultats des partis antivaleurs, nous les avons représentés en noir dans le prochain graphique. Vous voulez plus de détails ?

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De gauche à droite, voici ce à quoi on peut s’attendre :

  • Dans le groupe S&D de centre gauche, 4 eurodéputé.e.s (contre 3 auparavant) du parti maltais Luburista (PL), 9 eurodéputé.e.s (contre 10 auparavant) du parti roumain Partidul Social Democrat (PSD), 3 eurodéputé.e.s (contre 4 auparavant) du parti slovaque SMER.
  • Au sein du groupe centriste ALDE, 6 eurodéputé.e.s (contre 2 auparavant) du parti tchèque ANO et 4 députés (contre 2 auparavant) du parti roumain de l'ALDE.
  • Au sein du groupe de centre droit EPP, 14 eurodéputé.e.s (contre 11 auparavant) du parti hongrois Fidesz.
  • Au sein du groupe de droite ECR, 23 eurodéputé.e.s (contre 14 auparavant) du parti polonais PiS (Droit et Justice).
  • On peut aussi compter voir le nouveau groupe EAPN créé par Salvini avec 74 parlementaires. Ce groupe remplace l'ENF (qui occupe 36 sièges au sein de l'actuel Parlement européen). L'EFDD a disparu. Certains de ses membres ont déclaré vouloir rejoindre l'EAPN. Nous avons rangé celles et ceux qui restent dans la catégorie "nouveaux" parlementaire + "non-inscrit.e.s" + membres du Mouvement 5 étoiles. Cet ensemble ne constitue pas un groupe politique, bien que nombre de ces parlementaires sont susceptibles de former un groupe à l'avenir.

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Le nombre de parlementaires antivaleurs, une fois que le Royaume-Uni quitte l'UE, pourrait s’élever à 137, alors qu’on en compte actuellement 124. Cela représente juste un peu plus de 19,5% des 705 sièges. Mais ce nombre pourrait être plus élevé dans la pratique. Dans ces chiffres, nous n'avons pas intégré trois groupes de parlementaires : les non-inscrits, les nouveaux partis politiques et la nouvelle initiative menée par le Mouvement 5 étoiles italien, qui faisait partie du groupe EFDD.

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Les non-inscrits sont les parlementaires, au sein du Parlement, dont les partis politiques n’ont pas rejoint de groupe politique européen. Vous pouvez trouver la liste des non-inscrits ici. Nombre d’entre eux peuvent être considérés comme opposés aux valeurs européennes. C’est le cas des partis Aube dorée (Grèce), Jobbik (Hongrie) et du NPD (Allemagne).

Certains partis politiques vont aussi entrer dans la course aux élections pour la première fois, et n’ont pas encore annoncé d’accord en vue de rejoindre un groupe politique existant. Certains de ces partis peuvent être considérés comme étant opposés aux valeurs fondamentales, comme le parti espagnol Vox.

Enfin, le Mouvement 5 étoiles tente de former un nouveau groupe politique. Ce dernier appartenait auparavant au groupe EFDD, que nous rangeons dans les groupes "antivaleurs", en nous appuyant sur des analyses universitaires (jetez un coup d'oeil à notre méthodologie ici). Difficile de dire à l'heure actuelle si ce groupe rentrera dans la catégorie des "antivaleurs", suite aux analyses des experts.

Les sondages prévoient qu’il y aura un total de 66 "nouveaux" parlementaires, "non-inscrits" ou "membres du Mouvement 5 étoiles". Mais même si tous ces parlementaires provenaient de partis antivaleurs, le pourcentage total de parlementaires antivaleurs n'atteindrait qu'environ 29% du total des sièges, sachant que cela est peu probable étant donné que certains partis sans "penchants" antivaleurs font partie de cet ensemble (non inscrits + nouveaux parlementaires + 5 étoiles).

Et si les Parlementaires antivaleurs formaient une nouveau « super groupe »

Les deux graphiques qui suivent vous donne une idée plus précise de ce à quoi pourrait ressembler le Parlement si les partis anti-valeurs venaient à travailler main dans la main. Nous les appelons les « exilés anti-valeurs ».

Le prochain graphique montre à quoi pourrait ressembler le Parlement si les parlementaires anti-valeurs des groupes majoritaires PPE, S&D, ALDE et ECR venaient à quitter leur groupe respectif et former leur propre groupe.

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Pour être clair, nous avons inventés ce groupe de partis antivaleurs exilés. Nous voulons simplement vous montrer à quoi ressemblerait le Parlement si cela venait à se produire, car c’est bien une possibilité. Aux côtés de ce groupe, se tient le groupe EAPN qui a remplacé l'ENF. Ces deux groupes sont représentés en noir sur le graphique, mais vous pouvez survoler les légendes situées sous le graphique pour identifier les groupes. .

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Et le graphique suivant vous montre à quoi ressemblerait le Parlement si les exilés antivaleurs venaient à former une union avec le groupe EAPN, pour former un « supergroupe » antivaleurs. Encore une fois, nous précision qu’il s’agit d’un groupe hypothétique : nous ne savons pas s’il existe des projets de création d’un tel groupe.

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Quelles sont les coalitions pro-valeurs fondamentales possibles ?

Comme nous l’avons vu, si les groupes politiques venaient à rester les mêmes, alors peut importe les coalitions qu’ils forment, il leur sera toujours compliqué de défendre les valeurs fondamentales. Ce qui nous intéresse ici, c’est d’étudier les possibles coalitions qui sont à même de protéger nos valeurs démocratiques. En raison de cela, nous allons voir quelles coalitions pro-valeurs sont possibles, à condition que les groupes expulsent leurs parlementaires anti-valeurs.

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Ainsi, par soucis de clarté, hormis l’exception ci-dessous, les coalitions que nous vous montrons sont basées sur la possible composition des différents groupes politiques qui souhaiteraient se défaire de leurs parlementaires antivaleurs. Nous verrons également si une coalition antivaleurs peut se former. Spoiler alert : les chiffres nous disent que cela pourrait se produire.

En vue d’obtenir une majorité au Parlement, composé de 705 sièges (après la sortie du Royaume-Uni de l'UE) il vous faut récolter 353 sièges. Cela vous confère une majorité d’une voix. Nous savons que les groupes S&D et PPE ne pourront pas atteindre cette majorité compte tenu dela situation actuelle. Le prochain graphique montre que si ces derniers se débarrassent de leurs éléments indésirables, ils seraient encore plus loin de pouvoir atteindre une majorité. Vous devez accepter les cookies des tierces parties pour accéder à ce contenu. D’après les sondages, si les groupes S&D et PPE excluent leurs parlementaires antivaleurs, ils ne pourraient former une majorité qu’à condition de s’allier à un ou plusieurs autres groupes politiques. Mais aucun de ces groupes ne serait assez grand pour leur permettre d’obtenir la majorité. Ces trois combinaisons ne permettraient pas de créer une coalition majoritaire :

PPE, S&D et Verts-EFA EFA

PPE, S&D et le groupe d’extrême gauche GUE-NGL

PPE, S&D et le groupe de droite, ECR (sans ses parlementaires antivaleurs)

Si tous les groupes venaient à exclure leurs eurodéputé.e.s antivaleurs, la seule coalition de trois groupes pro-valeurs qui pourraient obtenir une majorité au Parlement comprend le PPE, S&D et l’ALDE. Cela représenterait environ 368 parlementaires (une majorité de 15 sièges), comme le montre le prochaine graphique.

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Le prochain graphique montre une autre coalition possible comprenant le PPE, S&D, les Verts-EFA et le groupe d’extrême gauche GUE-NGL, qui comprendrait 377 parlementaires, soit une majorité de 24 sièges.

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Le prochain graphique montre que la majorité pro-valeurs serait encore plus large si les Verts-EFA rejoignaient aussi le PPE, S&D et l’ALDE. Cela représenterait un total de 418 parlementaires, avec une coalition majoritaire d’un peu plus de 65 sièges.

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Il apparaît assez évident qu’il serait impossible de former une coalition pro-valeurs qui ait une majorité de parlementaires sans le PPE.

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Par exemple, une coalition GUE-NGL, S&D, Les Verts-EFA et ALDE (sans ses parlementaires antivaleurs) atteindrait un total de 303 sièges.

Une coalition composée des groupes Les Verts, S&D, Les Verts-EFA et GUE-NGL aurait encore moins de chance d’obtenir une majorité.

Et si des coalitions antivaleurs étaient possibles ?

Même si les parlementaires antivaleurs et les groupes politiques ne forment pas de majorité par eux-mêmes, il est possible que d’autres groupes politiques choisissent de travailler avec eux.

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Nous avons vu cela se produire au niveau national. Par exemple, le parti de centre droit ÖVP autrichien a formé une coalition avec le parti d’extrême droite FPÖ. Au sein du Parlement européen, le ÖVP fait partie du groupe de centre droit PPE, et tandis que l’FPÖ fait partie du groupe ENF, antivaleurs. Si cela devait se reproduire au niveau européen, il serait possible de voir une coalition antivaleurs se former.

La possible formation d'une coalition "antivaleurs" semble improbable, puisque Manfred Weber, candidat du groupe PPE pour la présidence de la Commission européenne, a récemment déclaré dans un débat télévisé qu'il écartait cette possibilité.

Nous pouvons tout de même vous présenter deux scénarios probables. Tout d’abord, si le PPE et l’ECR devaient coopérer avec l'EAPN, les parlementaires antivaleurs faisant partie des groupes PPE et ECR ne risqueraient pas d’être exclus, du moins c’est ce que nous supposons. Si ces trois groupes venaient à coopérer ils ne parviendraient pas à former une majorité. Les sondages actuels leur donneraient 307 eurodéputé.e.s, à 46 sièges d’obtenir une majorité.

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Ce type de coalition rencontrerait un autre problème : les groupes EPP et ECR comprennent en leur sein deux partis politiques polonais, qui sont rivaux… Ces derniers se livrent une forte opposition au sein même du Parlement européen. Si le PPE et ECR devaient former une coalition, cela conduirait sans doute le parti d’opposition polonais à quitter le PPE (qui perdrait alors 17 sièges).

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Dans le prochain graphique, nous vous montrons ce que si passerait en cas d’union entre les groupes PPE, ECR et EAPN et l’ensemble des parlementaires antivaleurs figurant dans les groupes S&D et ALDE. Leur nombre total s’élèverait à 333 parlementaire, ce qui donnerait une majorité de 22 sièges, selon des sondages récents.

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Mais certains facteurs expliquant ces chiffres pourraient, dans la pratique, affecter la faisabilité d'une telle coalition.

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On pourrait avancer qu’il est peu probable que les 16 parlementaires antivaleurs siégeant au sein du groupe de centre gauche S&D rejoignent une coalition composée de partis centristes, de centre droit et d’extrême droite. Et que le parti d’opposition de Pologne risquerait de quitter le PPE si ce dernier coopérait avec le groupe ECR dont le parti au pouvoir en Pologne, PiS, est membre. Cela réduirait le nombre de sièges d’une potentielle coalition antivaleurs, qui passerait à 300 parlementaires. D'un autre côté, il serait sans doute possible d’atteindre ce nombre et d'obtenir une majorité en tentant d’attirer les « non-inscrit.e.s » jugés antivaleurs et les eurodéputé.e.s des nouveaux partis, ainsi que les membres du groupe que formerait le Mouvement 5 étoiles. Aussi, si le PPE change d'avis et décide de collaborer avec des partis anti-valeurs, un coalition anti-valeurs pourrait encore avoir des chances d'obtenir une majorité.

Même si une coalition conservative anti-valeurs fondamentales semble improbable, cela ne veut pas dire que nos valeurs sont protégées. Comme nous l'avons expliqué plus haut, le principal problème tient au fait que les groupes politiques ne sont pas disposés à exclure leurs partis antivaleurs. Ces partis devenant plus forts au sein de ces groupes, ils pourraient même amener leur groupe respectif à former une alliance avec l'EAPN ou avec un nouveau groupe, tel que celui qu'entend former le Mouvement 5 étoiles, afin de bloquer certains votes qui viseraient à défendre les valeurs fondamentales.

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Le Parlement européen prend des décisions sur la législation quand une majorité de votes est atteinte. Cela signifie que qu’il est possible de faire adopter des votes ou de les bloquer, avec moins de 353 votes si certains eurodéputé.e.s ne viennent pas voter ou s’abstiennent.

Il n'est pas difficile d'imaginer, par exemple, que les partis anti-valeurs appartenant au groupes ALDE, S&D et PPE puissent persuader leur groupe de voter contre des mesures destinées à protéger les valeurs fondamentales. Et s'ils devaient être rejoints par l'EAPN ou tout nouveau groupe formé par le Mouvement 5 étoiles, ils pourraient atteindre une majorité qui soit à même de bloquer ce type de mesures, à moins que d'autres groupes politiques forment un front uni et discipliné (ce qui est plutôt difficile à atteindre au Parlement européen). Comme souligné précédemment, la force des partis anti-valeurs au sein du PPE et des S&D va s'accroître, car le nombre de sièges que ces partis occupent va rester stable ou augmenter, et que dans le même temps la taille du groupe en soi va se réduire. En ce qui concerne l'ALDE, bien que l'on s'attende à ce que ce groupe augmente son nombre de sièges, le nombre de parlementaires anti-valeurs au sein du groupe va lui aussi augmenter (et leur part au sein du groupe sera donc plus élevée qu'à l'heure actuelle).

Si le Parlement européen souhaite respecter ses obligations et protéger nos valeurs fondamentales, les eurodéputé.e.s vont devoir cesser de penser en termes de partis traditionnels. Mais cela dépendra de vous, électeur.trice.s.

Verdict

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Le respect de l’état de droit, du pluralisme politique et des droits fondamentaux est obligation fondamentale qu’est tenu de respecter chaque pays membre de l’UE, et chaque institution européenne. Ces obligations dépassent le jeu politique. Nous vous avons montré qu’il est possible pour les groupes politiques de coopérer entre eux en vue de protéger ces valeurs. Mais il leur est aussi possible d’ignorer les problèmes ou de former des coalitions qui menacent ces valeurs. Nous espérons qu’en tant qu’électeur.trice, vous avez désormais une idée plus précise du positionnement de votre parti. Rappelez-vous, il vous est possible de vérifier ça ici.

Si vous avez des questions concernant la provenance de nos données, et sur les critères sur lesquels nous nous sommes appuyés pour décidé quel parti ou groupe est opposé aux valeurs fondamentales (antivaleurs), ou toute autre question concernant notre travail, reportez-vous à notre article présentant la méthodologie suivie.

Pour aller plus loin :

Le fonctionnement et les actions du Parlement européen et pourquoi il joue un rôle si important. À lire ici.

Ce que nous entendons par « antivaleurs » et d’où proviennent nos données. Notre méthodologie, c’est par ici.

Ces élections pourraient bien être les plus importantes de l’histoire. Pourquoi ? La réponse en vidéo.

Répondez à notre quiz afin de voir pourquoi il est important que vous votiez lors de ces élections européennes.