​Élections européennes 2019 : notre outil de veille #Vote4Values

Nous avons mis au point un outil de veille afin de montrer quelle est la part d’eurodéputés jugés comme étant opposés aux valeurs fondamentales de l’UE. Cet outil vous permet de savoir à quel groupe politique ils appartiennent et leurs chances de gagner.

Bienvenue sur notre outil de veille #Vote4values (votez pour les valeurs fondamentales). Les élections du Parlement européen approchent à grand pas. Bien que l’on s’attende à ce que les groupes et partis politiques antivaleurs (opposés aux valeurs fondamentales) gagnent des sièges, les sondages suggèrent qu’ils ne représenteront que 30% de la composition du Parlement. Mais cela ne signifie en rien que nos valeurs fondamentales sont protégées. Les partis qui ont éprouvé des difficultés avec l’UE, notamment pour n’avoir pas respecté les valeurs fondamentales, pourraient bien figurer dans les quatre groupes politiques majoritaires du Parlement. Si ces partis politiques antivaleurs restent au cœur du pouvoir politique de l’UE, alors le risque est le suivant : l’UE ne continuera probablement pas de défendre nos valeurs fondamentales, que sont la démocratie pluraliste, l’état de droit et les droits fondamentaux. Nous avons créé cet outil de veille afin de vous montrer quelle est la part d’eurodéputé.e.s qui sont contre les valeurs fondamentales, et à quel groupe politique ils appartiennent au sein du Parlement. L’outil de veille vous montrera quelles coalitions pro-valeurs sont possibles si les groupes politiques européens acceptent de se débarrasser des éléments indésirables au sein de leur formation. Enfin, cet outil vous présente également quelles coalitions antivaleurs pourraient être formées si les groupes politiques traditionnels décidaient de collaborer avec des groupes et partis antivaleurs.

Nous mettrons à jour l’outil de suivi régulièrement en utilisant les données de Poll of polls (POLITICO), un site internet qui regroupe les sondages de plusieurs instituts nationaux.

Si vous l’avez manqué, lisez notre présentation de l’outil de veille et notre article expliquant dans les détails le fonctionnement du Parlement et des groupes politiques qui le composent.

Mise à jour du mois d'avril :

Si vous vous rendez ici pour voir ce qui a changé depuis le lancement du Tracker (cet outil de veille), on vous propose une synthèse des évolutions qui ont eu lieu, en nous basant sur les chiffres avec lesquels nous avons travaillé aux dates du 4 février, 4 mars et 29 mars 2019. Il y a encore trois coalitions pro-valeurs européennes qui pourraient former une majorité si les groupes politiques concernés décident de se débarrasser des parlementaires anti-valeurs fondamentales.

Le nombre de sièges estimés qui seraient remportés par les possibles coalitions pro valeurs a augmenté entre le début et la fin du mois de mars. Cela signifie que si les groupes politiques du Parlement européen décidaient de se débarrasser de leurs eurodéputé.e.s anti valeurs européennes et de former des coalitions pro valeurs, ces dernières obtiendraient des majorités plus importantes en comparaison avec celles qui étaient estimées au début mars.

Si l'on revient sur les évolutions précédentes, on remarque que cela ne constitue pas nécessairement un grand changement. Début mars, nous avions vu que la taille estimée des potentielles coalitions pro-valeurs avait baissé (c'est à dire le nombre de sièges). Nous étions revenu aux chiffres avancés en février. Cela s'explique principalement par une légère baisse suivie d'une légère hausse du nombre de sièges estimé des groupes S&D et PPE. Malgré cette petite remontée, ces deux groupes politiques traditionnels du Parlement sont toujours partis pour perdre des voix et obtenir un nombre de sièges inférieur à celui obtenu lors des élections de 2014. De plus, il est toujours possible qu'une coalition anti valeurs forme une majorité, et leur marge n'a pas vraiment changé. En mars, l'homme politique italien Silvio Berlusconi a exhorté les membres du PPE à faire alliance avec les partis anti valeurs fondamentales. Aussi une coalition contre nature est-elle toujours possible.

Globalement, selon les estimations, les partis anti valeurs qui siègent au sein des groupes PPE, S&D, ALDE et ECR continuent de se renforcer et gagneraient un nombre de sièges supérieurs à celui obtenu au sein de l'actuel Parlement.

Depuis notre actualisation du mois de mars, les plus grandes évolutions ont été de nature politique. Le débat portant sur la présence de "pommes pourries" (anti valeurs fondamentales) dans tous les groupes politiques de centre droit ou gauche au sein du Parlement semble avoir trouvé écho. Le PPE a suspendu Fidesz, dans l'attente de la conclusion d'une enquête, mais le parti hongrois n'a pas été banni du groupe. Certains considèrent qu'il s'agit d'une manoeuvre de façade, étant donné le grand nombre d'éléments attestant des violations commises par Fidesz contre les valeurs fondamentales de l'UE (comme les résolutions adoptées au sein du Parlement et soutenues par le PPE). En mars, Malte, la Slovaquie et la Roumanie ont été sous le feu des critiques du Parlement et de la Commission européenne, et leurs partis au pouvoir appartiennent au groupe de centre gauche, S&D. Le parti de coalition allié au gouvernement roumain siège quant à lui au sein du groupe ALDE, comme c'est le cas du parti au pouvoir en République tchèque, bien que ce dernier se semble pas avoir été visé par les critiques ce mois-ci.

La répartition actuelle des sièges au sein du Parlement

Commençons donc par présenter l’actuelle composition du Parlement. Le premier graphique nous montre à quoi ce dernier ressemble en 2019, à l’approche des prochaines élections. Le Parlement est composé de 751 sièges et comprends tous les parlementaires européens du Royaume-Uni. Le graphique montre la façon dont les eurodéputé.e.s sont répartis dans le Parlement, de gauche à droite, en fonction de leur orientation politique. Vous pouvez vous reporter au tableau qui se trouve sous le graphique pour connaître le nombre exact d’eurodéputé.e.s dans chaque groupe politique. Les chiffres que nous donnons pour chaque groupe montrent le nombre de parlementaires dans les groupes en question à la fin du mois de janvier 2019.

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Où siègent les parlementaires antivaleurs du Parlement européen ?

Dans ce second graphique, nous présentons le Parlement dans son actuelle configuration, et représentons les parlementaires antivaleurs en noir.

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Les groupes Europe of Freedom and Direct Democracy (EFDD) et Europe of Nations and Freedom (ENF) figurent tous deux en noirs, à l’extrême droite du Parlement. Mais vous constaterez un éparpillement de points noirs au sein d’autres groupes politiques, de gauche à droite du graphique.

  • Au sein du groupe Progressive Alliance of Socialists and Democrats (S&D), on compte 3 parlementaires du parti Luburista (PL) de Malte, 9 parlementaires du parti roumain Partidul Social Democrat (PSD), 4 parlementaires du parti slovaque SMER.
  • Au sein du groupe ALDE (libéraux), on compte deux parlementaires du parti tchèque ANO et deux parlementaires du parti roumain de l'ALDE (un partenaire de coalition du Partidul Social Democrat).
  • Au sein du groupe de centre droit EPP (European Popular Party), on compte 12 parlementaires du parti hongrois Fidesz.
  • Au sein du groupe de droite ECR (conservateurs et eurosceptiques), on compte 15 parlementaires du parti PiS (Droit et Justice) de Pologne.
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Si vous souhaitez savoir à quel groupe politique appartient un parti politique de votre pays, alors rendez-vous sur ce lien. Vous pouvez chercher les partis nationaux des pays de l’UE en entrant le nom d’un parti, et cela vous dira à quel groupe ces derniers appartiennent au sein du Parlement.

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Le graphique ci-dessus nous indique clairement qu’aucun des quatre groupes politiques au sein du Parlement est libre de parti national qui a été condamné ou remis en cause par l’UE pour avoir violer les valeurs fondamentales. Si un groupe politique comprend en son sein des partis antivaleurs, cela peut poser problèmes. Car les groupes politiques ont tendance à serrer les rangs et protéger des critiques les partis nationaux qui le composent Même quand il s’agit de non respect des valeurs fondamentales que le Parlement est par ailleurs tenu de protéger et faire respecter.

For example, the EPP helped to shield Hungary's Fidesz from criticism in the European Parliament for a number of years by watering down resolutions and blocking earlier attempts to activate Article 7 out of loyalty to its member party. Par exemple, le PPE a aidé à protéger le parti Fidesz des critiques au sein du Parlement européen et ce pendant plusieurs années, en assouplissant les résolutions du Parlement et en bloquant les premières tentatives d’activation de l’Article 7, en signe de loyauté envers son parti membre.

La procédure prévue à l’Article 7 place le pays à l’ordre du jour des ministres nationaux (au Conseil de l’UE) et pourrait conduire à des sanctions. De la même façon, un vote récent à amender à condamner le premier ministre de la République tchèque, Andrej Babiš, jugé corrompu. Mais la majorité du groupe ALDE (libéraux) au sein du Parlement a voté contre la résolution afin de protéger son parti membre, ANO, dirigé par ce même Babiš. Le groupe S&D (socialistes) a un bilan mitigé : ils ont majoritairement voté en faveur des valeurs fondamentales et ont condamné leur partis membres de Roumanie et Slovaquie, mais se sont largement abstenus en ce qui concerne le parti maltais. Puis, fin décembre, lors d'un vote concernant à la fois la Slovaquie et Malte, le groupe s'est largement joint à la critique contre les gouvernements de ces deux pays.

La pression internationale, surtout lorsqu’elle est exercée par l’UE, peut être très efficace et persuader un gouvernement de changer de comportement. Aussi, si un groupe politique protège un gouvernement qui bafoue les valeurs fondamentales, ce dernier permet-il à ce gouvernement d’aller encore plus loin (et plus vite) dans la détérioration de l’état de droit et de la démocratie. Et cela encourage d’autres dirigeants et partis à bafouer les règles, sachant qu’ils ne risquent pas grand chose en le faisant. Et ce problème se répand dans d’autres pays de l’UE.

Pour que le Parlement européen puisse protéger les valeurs fondamentales de manière effective, chaque groupe politique doit être disposé à se confronter à ses éléments indésirables, à les sanctionner, voire s’en séparer.

À quoi pouvons-nous nous attendre après les élections ?

Ci-dessous nous vous proposons un graphique pour vous montrer à quoi le Parlement européen pourra ressembler au lendemain des élections de mai (nous nous appuyons sur des sondages d’opinion). Vous remarquerez peut-être que le Parlement compte de sièges et cela est dû au fait que la sortie du Royaume-Uni de l’UE, le Brexit, va faire passer le nombre de sièges de 751 à 705. Vous voulez savoir d’où viennent nos données ? Cliquez ici pour plus d’informations.

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Qui perd ? Qui gagne ? Qui reste au même niveau ?

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Qui perd des sièges ? Si vous comparez cela à la configuration actuelle du Parlement, vous constaterez que les deux groupes majoritaires, le PPE et S&D risquent de perdre de nombreux sièges, même s’ils ont de bonnes chances de rester majoritaires. Les Vers risquent eux aussi de perdre des sièges. Et la taille de l'EFDD va elle aussi légèrement rétrécir.

Qui reste au même niveau ? Il semble que le groupe d’extrême gauche GUE-NGL va garde un nombre de sièges équivalent. Le groupe de droite ECR semble perdre des sièges, mais il faut prendre en compte que 21 parlementaires britanniques vont sortir en raison du Brexit. L’ECR a récemment annoncé qu’ils intégreront deux nouveau partis : Debout la France (France) et Le Forum pour la démocratie (Pays-Bas). C’est pourquoi le groupe risque bien de garder un nombre de sièges à peu près équivalent.

Qui gagne des sièges ?

On s’attend à ce que les libéraux (ALDE) gagnent des sièges, en partie grâce au fait que le parti de Macron va sans doute les rejoindre. Le groupe changera sans doute de nom, sans que l’on sache lequel. Les groupes de droite radicale et extrême droite, l’ENF devrait aussi gagner des sièges.

Zoom sur les possibles résultats pour les parlementaires anti valeurs fondamentales

Afin de se rendre compte un peu mieux des possibles résultats des partis antivaleurs, nous les avons représentés en noir dans le prochain graphique. Vous voulez plus de détails ?

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De gauche à droite, voici ce à quoi on peut s’attendre :

  • Dans le groupe S&D de centre gauche, 4 eurodéputé.e.s (contre 3 auparavant) du parti maltais Luburista (PL), 10 eurodéputé.e.s (contre 9 auparavant) du parti roumain Partidul Social Democrat (PSD), 3 eurodéputé.e.s (contre 4 auparavant) du parti slovaque SMER.
  • Au sein du groupe centriste ALDE, 8 eurodéputé.e.s (contre 2 auparavant) du parti tchèque ANO et 4 députés (contre 2 auparavant) du parti roumain de l'ALDE.
  • Au sein du groupe de centre droit EPP, 13 eurodéputé.e.s (contre 11 auparavant) du parti hongrois Fidesz.
  • Au sein du groupe de droite ECR, 27 eurodéputé.e.s (contre 15 auparavant) du parti polonais PiS (Droit et Justice).
  • On peut aussi compter 63 eurodéputé.e.s pour l'ENF (contre 37 auparavant). L' EFDD semble perdre des sièges et avoir 33 eurodéputés, (contre 41 auparavant). Mais si on estime que le groupe EFDD perd 17 eurodéputé.e.s en raison du Brexit, qui réduit son nombre de sièges à 24, on peut envisager que le parti gagne des sièges lors de cette élection.

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Le nombre de parlementaires antivaleurs pourrait s’élever à 164, alors qu’on en compte actuellement 124. Cela représente juste un peu plus de 23% des 705 sièges. Mais ce nombre pourrait être plus élevé, car nous n’avons pas inclus dans ce calcul deux types d’eurodéputé.e.s :

Les non-inscrits et les nouveaux partis politiques.

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Les non-inscrits sont les parlementaires, au sein du Parlement, dont les partis politiques n’ont pas rejoint de groupe politique européen. Vous pouvez trouver la liste des non-inscrits ici. Nombre d’entre eux peuvent être considérés comme opposés aux valeurs européennes. C’est le cas des partis Aube dorée (Grèce), Jobbik (Hongrie) et du NPD (Allemagne).

Certains partis politiques vont aussi entrer dans la course aux élections pour la première fois, et n’ont pas encore annoncé d’accord en vue de rejoindre un groupe politique existant. Certains de ces partis peuvent être considérés comme étant opposés aux valeurs fondamentales, comme le parti espagnol Vox.

Les sondages prévoient qu’il y aura un total de 51 nouveaux parlementaires non-inscrits. Mais même si tous ces sièges venaient à être occupés par des partis antivaleurs, le pourcentage total de parlementaires antivaleurs atteindrait uniquement environ 30% du total des sièges, sachant que cela est peu probable compte tenu du grand nombre de partis sans penchants antivaleurs faisant partie des non-inscrits.

Et si les Parlementaires antivaleurs formaient une nouveau « super groupe »

Les deux graphiques qui suivent vous donne une idée plus précise de ce à quoi pourrait ressembler le Parlement si les partis anti-valeurs venaient à travailler main dans la main. Nous les appelons les « exilés anti-valeurs ».

Le prochain graphique montre à quoi pourrait ressembler le Parlement si les parlementaires anti-valeurs des groupes majoritaires PPE, S&D, ALDE et ECR venaient à quitter leur groupe respectif et former leur propre groupe.

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Pour être clair, nous avons inventés ce groupe de partis antivaleurs exilés. Nous voulons simplement vous montrer à quoi ressemblerait le Parlement si cela venait à se produire, car c’est bien une possibilité. Aux côtés de ce groupe, se tiennent les groupes EFDD et ENF. Ces trois groupes sont représentés en noir sur le graphique, mais vous pouvez survoler les légendes situées sous le graphique pour identifier les groupes. .

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Et le graphique suivant vous montre à quoi ressemblerait le Parlement si les exilés antivaleurs venaient à former une union avec les groupes EFDD et ENF, pour former un « supergroupe » antivaleurs. Encore une fois, nous précision qu’il s’agit d’un groupe hypothétique : nous ne savons pas s’il existe des projets de création d’un tel groupe.

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Quelles sont les coalitions pro-valeurs fondamentales possibles ?

Comme nous l’avons vu, si les groupes politiques venaient à rester les mêmes, alors peut importe les coalitions qu’ils forment, il leur sera toujours compliqué de défendre les valeurs fondamentales. Ce qui nous intéresse ici, c’est d’étudier les possibles coalitions qui sont à même de protéger nos valeurs démocratiques. En raison de cela, nous allons voir quelles coalitions pro-valeurs sont possibles, à condition que les groupes expulsent leurs parlementaires anti-valeurs.

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Ainsi, par soucis de clarté, hormis l’exception ci-dessous, les coalitions que nous vous montrons sont basées sur la possible composition des différents groupes politiques qui souhaiteraient se défaire de leurs parlementaires antivaleurs. Nous verrons également si une coalition antivaleurs peut se former. Spoiler alert : les chiffres nous disent que cela pourrait se produire.

En vue d’obtenir une majorité au Parlement, composé de 705 sièges, il vous faut avoir 353 sièges. Cela vous confère une majorité d’une voix. Nous savons que les groupes S&D et PPE ne pourront pas atteindre cette majorité compte tenu dela situation actuelle. Le prochain graphique montre que si ces derniers se débarrassent de leurs éléments indésirables, ils seraient encore plus loin de pouvoir atteindre une majorité. Vous devez accepter les cookies des tierces parties pour accéder à ce contenu D’après les sondages, si les groupes S&D et PPE excluent leurs parlementaires antivaleurs, ils ne pourraient former une majorité qu’à condition de s’allier à un ou plusieurs autres groupes politiques. Mais aucun de ces groupes ne serait assez grand pour leur permettre d’obtenir la majorité. Ces trois combinaisons ne permettraient pas de créer une coalition majoritaire :

PPE, S&D et Verts-EFA EFA

PPE, S&D et le groupe d’extrême gauche GUE-NGL

PPE, S&D et le groupe de droite, ECR (sans ses parlementaires antivaleurs)

Si tous les groupes venaient à exclure leurs eurodéputé.e.s antivaleurs, la seule coalition de trois groupes pro-valeurs qui pourraient obtenir une majorité au Parlement comprend le PPE, S&D et l’ALDE. Cela représenterait environ 367 parlementaires (une majorité de 14 sièges), comme le montre le prochaine graphique.

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Le prochain graphique montre une autre coalition possible comprenant le PPE, S&D, les Verts-EFA et le groupe d’extrême gauche GUE-NGL, qui comprendrait 375 parlementaires, soit une majorité de 22 sièges.

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Le prochain graphique montre que la majorité pro-valeurs serait encore plus large si les Verts-EFA rejoignaient aussi le PPE, S&D et l’ALDE. Cela représenterait un total de 409 parlementaires, avec une coalition majoritaire d’un peu plus de 56 sièges.

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Il apparaît assez évident qu’il serait impossible de former une coalition pro-valeurs qui ait une majorité de parlementaires sans le PPE.

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Par exemple, une coalition GUE-NGL, S&D, Les Verts-EFA et ALDE (sans ses parlementaires antivaleurs) n’atteindrait pas les 300 sièges.

Une coalition composée des groupes Les Verts, S&D, Les Verts-EFA et GUE-NGL aurait encore moins de chance d’obtenir une majorité.

Et si des coalitions antivaleurs étaient possibles ?

Même si les parlementaires antivaleurs et les groupes politiques ne forment pas de majorité par eux-mêmes, il est possible que d’autres groupes politiques choisissent de travailler avec eux.

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Nous avons vu cela se produire au niveau national. Par exemple, le parti de centre droit ÖVP autrichien a formé une coalition avec le parti d’extrême droite FPÖ. Au sein du Parlement européen, le ÖVP fait partie du groupe de centre droit PPE, et tandis que l’FPÖ fait partie du groupe ENF, antivaleurs. Si cela devait se reproduire au niveau européen, il serait possible de voir une coalition antivaleurs se former.

Deux possibilités se présentent. Tout d’abord, si le PPE et l’ECR devaient coopérer avec ENF et EFDD, les parlementaires antivaleurs faisant partie des groupes PPE et ECR ne risqueraient pas d’être exclus, du moins c’est ce que nous supposons. Si ces quatre groupes venaient à coopérer ils ne parviendraient pas à former une majorité. Les sondages actuels leur donneraient 338 eurodéputé.e.s, à 15 sièges d’obtenir une majorité.

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Ce type de coalition rencontrerait un autre problème : les groupes EPP et ECR comprennent en leur sein deux partis politiques polonais, qui sont rivaux… Ces derniers se livrent une forte opposition au sein même du Parlement européen. Si le PPE et ECR devaient former une coalition, cela conduirait sans doute le parti d’opposition polonais à quitter le PPE (qui perdrait alors 17 sièges).

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Mais cela ne signifie pas qu’une coalition de groupes antivaleurs n’est pas possible (tant que celle-ci n’est pas dirigée par le PPE, du moins). Dans le prochaine graphique, nous vous montrons ce que si passerait en cas d’union entre les groupes PPE, ECR, EFDD et ENF et l’ensemble des parlementaires antivaleurs figurant dans les groupes S&D et ALDE. Leur nombre total s’élèverait à 362 parlementaire, ce qui donnerait une majorité de 9 sièges, selon des sondages récents.

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Mais certains facteurs pourraient empêcher une telle coalition d’obtenir une majorité dans la pratique.

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On pourrait avancer qu’il est peu probable que les 17 parlementaires antivaleurs siégeant au sein du groupe de centre gauche S&D rejoignent une coalition composée de partis centristes, de centre droit et d’extrême droite. Et que le parti d’opposition de Pologne risquerait de quitter le PPE si ce dernier coopérait avec le groupe ECR dont le parti au pouvoir en Pologne, PiS, est membre. Cela réduirait le nombre de sièges d’une potentielle coalition antivaleurs, qui passerait à 328 parlementaires. Il serait sans doute difficile d’atteindre la majorité en tentant d’attirer les « non-inscrit.e.s » jugés antivaleurs et les eurodéputé.e.s des nouveaux partis.

Même si une coalition conservative anti-valeurs fondamentales ne peut pas obtenir de majorité absolue, ses membres pourraient tout de même empêcher le Parlement européen de défendre nos valeurs fondamentales, et ce de deux façons :

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Tout d’abord, le Parlement européen prend des décisions sur la législation quand une majorité de votes est atteinte. Cela signifie que qu’il est possible de faire adopter des votes ou de les bloquer, avec moins de 353 votes si certains eurodéputé.e.s ne viennent pas voter ou s’abstiennent. Une coalition conservative antivaleurs disciplinée pourrait bloquer les votes qui visent les gouvernements antivaleurs. Les groupes pro-valeurs fondamentales restants au sein du Parlement européen devraient alors faire en sorte de rester unis et que leurs eurodéputé.e.s aillent voter. Ensuite de cela, le Parlement européen ne peut enclencher l’Article 7 avec une majorité des deux tiers des votes, comme cela s’est récemment produit dans la procédure intentée contre le gouvernement hongrois. Une coalition conservative antivaleurs serait à même de bloquer facilement de tels votes à l’avenir. Pour celles et ceux qui ne sont pas familiers avec l’Article 7, il s’agit d’une procédure qui permet à l’UE de sanctionner les gouvernements qui portent de graves atteintes aux valeurs fondamentales.

Si le Parlement européen souhaite respecter ses obligations et protéger nos valeurs fondamentales, les eurodéputé.e.s vont devoir cesser de penser en termes de partis traditionnels. Mais cela dépendra de vous, électeur.trice.s.

Verdict

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Le respect de l’état de droit, du pluralisme politique et des droits fondamentaux est obligation fondamentale qu’est tenu de respecter chaque pays membre de l’UE, et chaque institution européenne. Ces obligations dépassent le jeu politique. Nous vous avons montré qu’il est possible pour les groupes politiques de coopérer entre eux en vue de protéger ces valeurs. Mais il leur est aussi possible d’ignorer les problèmes ou de former des coalitions qui menacent ces valeurs. Nous espérons qu’en tant qu’électeur.trice, vous avez désormais une idée plus précise du positionnement de votre parti. Rappelez-vous, il vous est possible de vérifier ça ici.

Si vous avez des questions concernant la provenance de nos données, et sur les critères sur lesquels nous nous sommes appuyés pour décidé quel parti ou groupe est opposé aux valeurs fondamentales (antivaleurs), ou toute autre question concernant notre travail, reportez-vous à notre article présentant la méthodologie suivie.

Pour aller plus loin :

Le fonctionnement et les actions du Parlement européen et pourquoi il joue un rôle si important. À lire ici.

Ce que nous entendons par « antivaleurs » et d’où proviennent nos données. Notre méthodologie, c’est par ici.

Ces élections pourraient bien être les plus importantes de l’histoire. Pourquoi ? La réponse en vidéo.

Répondez à notre quiz afin de voir pourquoi il est important que vous votiez lors de ces élections européennes.