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Le Prix Régine Orfinger-Karlin 2014 - Partie 1

Depuis 1996, à l’occasion de la Journée internationale des droits de l’Homme du 10 décembre, la LDH organise la remise du Prix Régine Orfinger-Karlin. Présentation des origines de ce prix, de ses nominés et de ses lauréats.

par Belgian League of Human Rights

Depuis 1996, à l’occasion de la Journée internationale des droits de l’Homme du 10 décembre, la LDH organise la remise du Prix Régine Orfinger-Karlin.

En remettant ce prix tous les deux ans, la LDH récompense une personne ou une association œuvrant à la protection et à l’aide des groupes vulnérables (mineurs, étrangers, allocataires sociaux, malades mentaux…) qui s'est distinguée en mettant en évidence la nécessité de la résistance aux atteintes aux droits humains. La LDH s’engage à doter le/la lauréat-e d’un montant significatif pour une action ou un projet réalisé en 2013 et 2014.

L’association Hart Boven Hart, le collectif Les Morts de la Rue et le bourgmestre de Bruxelles, Yvan Mayeur, étaient les trois nominés pour l’édition 2014 du Prix.

Nous allons vous présenter, à travers 5 articles, les origines de ce prix et les trois associations qui ont été nominée cette année.

Qui était Régine Orfinger-Karlin?

Née dans les années 1910, Régine Orfinger-Karlin fut, après des études de droit, la deuxième femme inscrite au barreau d’Anvers. Rayée de ce barreau juste avant la guerre 40-45 parce qu’elle était juive, elle entra dans la résistance pour s’y engager de plus en plus activement après la dénonciation qui conduisit à l’exécution de son mari.

Après la guerre, elle élèvera seule ses deux enfants et participera à la refondation de la Ligue belge des droits de l’Homme. Elle sera membre du Comité central de la Ligue belge, puis du Conseil d’administration de la Ligue des droits de l’Homme jusqu’en 1996, année où elle en sera élue Présidente d’honneur.

Toute sa vie, cette résistante armée, militante féministe et antiraciste a consacré ses talents de juriste à la mise en place et à l’organisation de groupes de pression comme «A travail égal, salaire égal», le « Comité pour la Dépénalisation de l’Avortement » dans les années ’70, ainsi qu’à la mise sur pied de nombreuses associations progressistes d’avocats.

Régine Orfinger-Karlin était et restera la femme de tous les combats.

Régine Orfinger-Karlin est décédée le 28 décembre 2002 à l’âge de 91 ans.


Mettre en lumière des actions exceptionnelles en faveur des droits humains

En 1996, lors de son assemblée générale, la Ligue des droits de l’Homme décida de créer un prix au nom de l’une de ses « dirigeantes historiques ». C’est ainsi qu’est né le prix Régine Orfinger-Karlin, du nom de cette figure emblématique qui participera, entre autres, à la renaissance de la Ligue à la sortie de la guerre.

Depuis 1996, à raison d’une fois tous les deux ans, la Ligue des droits de l’Homme récompense une personne ou une association qui s’est distinguée par son action militante en faveur de la promotion des droits humains.

Les caractéristiques du prix Régine Orfinger-Karlin sont les suivantes :

1. Le Prix a pour but d'encourager la promotion et la défense des droits humains, tout particulièrement concernant des groupes vulnérables, soit en faveur du progrès de l'égalité des hommes et des femmes, soit en matière de droit des étrangers.

2. Le Prix vise à reconnaître et à récompenser une personne, sans distinction d'âge, un groupe ou une association, qui oeuvre et se distingue en ce sens, notamment en mettant en évidence la nécessité de la résistance aux atteintes aux droits humains.

3. Le Prix est uniquement attribué à des réalisations situées en Communauté française de Belgique.


Les lauréats

Lors de la première édition en 1996, un groupe d’avocats présenta la candidature de Nabela Benaissa qui remporta le prix.

En 1998, le prix fut attribué conjointement au Collectif contre les expulsions ainsi qu’à une communauté peule parrainée par l’asbl l’Autre « lieu », maison d’accueil pour personnes atteintes de troubles de santé mentale.

L’édition 2000 a récompensé le collectif Action Birmanie (des étudiants de l’UCL qui militent contre les activités de Total Fina en Birmanie).

L’édition 2002 a récompensé un projet de film documentaire sur la réinsertion des personnes sortant de prison.

L’édition 2004 fut un peu particulière pour le prix Régine Orfinger-Karlin. En effet, la Ligue des droits de l’Homme a profité de ce rassemblement pour, d’une part, commémorer les 60 ans de la Libération, et d’autre part, rendre un hommage à Régine Orfinger-Karlin, décédée peu de temps auparavant.

A cette double occasion, la cérémonie de remise du prix fut accompagnée de la projection d’un film documentaire « A mon père résistant, le deuil et le secret » dans lequel Régine Orfinger-Karlin revient sur sa participation dans la résistance pendant la guerre.

Cette soirée fut également l’occasion pour certaines personnes de souligner la carrière exemplaire de cette juriste militante pour le droit des femmes et des marginalisés.

L’édition 2004 s’est clôturée avec la remise d'un prix à l’association « Vent Sauvage » pour son projet de lutte contre les violences à l’égard des femmes.

L’édition 2006 a récompensé un collectif de militants anti-précarité : « Bob le précaire »

L’édition 2008 correspondait aux 60 ans de la Déclaration universelle des droits de l’Homme. Le prix a été remis le 10 décembre 2008 au comité du quartier Midi, un Comité d’habitants du quartier midi mobilisés pour le droit à l’habitat.

En 2010, c’est l’association « Les Catacombes » qui a été récompensée. L'association « Les Catacombes » est une Communauté de base, membre du réseau P.A.V.E.S, qui rassemble des Chrétiensréformateurs promouvant les libertés et les droits humains. Ses membres se mobilisent autour desdifficultés suscitées par un séjour carcéral et organise une maison communautaire qui accueille des personnes isolées en quête d’hébergement lors de leur congé pénitentiaire ou après leur libération.

En 2012, La Ligue des droits de l’Homme a récompensé l’asbl Intact pour le soutien juridique qu’elle apporte aux femmes victimes de violences "traditionnelles" et en particulier les mutilations génitales.