Démocratie et justice

​Les ONG appellent le Conseil de l’UE à envoyer un « dernier avertissement » à la Hongrie et la Pologne

Liberties a rejoint un groupe d'organisation de défense des droits et a appelé le Conseil de l’UE à laisser clairement savoir aux autorités hongroises et polonaises ce qu’elles doivent faire en vue de réparer les nombreuses violations des droits commises.

par Linda Ravo

Les juges indépendants, la presse libre et les organisations de défense des droits garantissent que les élu.e.s travaillent dans l’intérêt du peuple. Elles font cela en informant la population des choix et décisions prises par les dirigeant.e.s et les autorités. Elles permettent en cela aux citoyens de s’organiser et de communiquer leurs préoccupations aux représentants politiques, et s’assurent que les gouvernements respectent bien les libertés individuelles. Les partis au pouvoir en Hongrie et Pologne intimident et réduisent au silence ces institutions afin garder la mainmise sur le pouvoir et sur les ressources publiques (au lieu de financer des services destinés à leur population). Pour empêcher le public de s’unir pour demander que les dirigeants règlent les problèmes sociaux et économiques qu’ils ont créés, les deux régimes diffusent des messages de haine, et font de certains groupes, dont les migrants, les personnes LGBTQI et les femmes qui demandent l’égalité, des boucs émissaires.

Les ministres des affaires étrangères des pays membres de l’UE se préparent à discuter le 14 décembre prochain de la détérioration continue de la démocratie en Hongrie et Pologne. En marge de cette réunion, Liberties a rejoint un groupe d’organisations représentant des universitaires, des journalistes et défenseurs des droits humains à travers l’UE, dont les ONG membre du réseau Liberties en Hongrie et Pologne, afin d’appeler les gouvernements européens, via une lettre ouverte, à jouer leur rôle et aider les populations hongroise et polonaises à récupérer leurs libertés et leur démocratie.

L’UE doit remplir son rôle

L’un des objectifs de l’UE est l’amélioration du bien-être de ses peuples. C’est pourquoi tous les gouvernements ont accepté de mettre en place des normes et des institutions qui garantissent que les gouvernements agissent dans l’intérêt de leurs citoyens. Pour appliquer cela, les traités de l’UE prévoient la possibilité de sanctionner les gouvernements qui s’en prennent à la démocratie, à l’état de droit et aux droits et libertés des populations.

Le Parlement européen a condamné avec insistance les différentes mesures prises par les gouvernements de Hongrie et Pologne visant à démanteler leur démocratie, et appeler d’autres institutions européennes à réagir. La Commission Européenne a également engagé des poursuites contre les gouvernements polonais et hongrois, en raison de nombreuses mesures adoptées par ces derniers qui ne respectent pas les normes européennes.

Les gouvernements européens au Conseil ont, jusqu’à maintenant, évité le problème. Ils ont tenu des audiences et des débats qui n’ont abouti à aucune action ou mesure. Les dialogues avec les pairs et la pression de ces derniers n’ont entraîné aucune amélioration. C’est tout le contraire qui s’est produit : les gouvernements hongrois et polonais ont été encouragé à poursuivre leur agenda politique, sachant qu’ils n’auraient à souffrir d’aucune conséquence.

Il est temps d’agir

Les gouvernements ont aujourd’hui une nouvelle opportunité d’utiliser leurs pouvoirs de sanction qui visent à protéger les citoyens contre les régimes qui affaiblissent les droits démocratiques et les libertés. Liberties a rejoint d’autres organisations de défense des droits et a adressé une lettre appelant les gouvernements européens à prendre des mesures de toute urgence.

La nouvelle édition de notre rapport annuel sur les bilans en matière de droits humains des pays de l’UE, co-écrit avec nos ONG membres, peut aussi vous intéresser. Il sera publié début 2022.

Téléchargez la lettre ouverte ici.