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La Lituanie remonte dans le classement mondial sur la traite des personnes

Malgré son bon dans le classement, la Lituanie doit accroître les fonds prévus pour ses services d'assistance aux victimes et prendre plus de mesures afin combattre l'exploitation des enfants au sein des orphelinats.

par Human Rights Monitoring Institute
Le dernier rapport de juin du département d'État américain sur la traite des personnes a vu la Lituanie promue de la catégorie 2 à la catégorie 1 (la plus convoitée). Ces catégories permettent de définir dans quelle mesure les pays parviennent à lutter contre ces crimes pour une année donnée.

Plus de victimes identifiées

L'ascension de la Lituanie dans le classement résulte de la mise en place accrue de formations destinées aux agents de police, procureurs, juges et d'une hausse du taux d'identification des victimes. À titre de comparaison, 47 personnes avaient été identifiées comme victimes en 2014 (dont trois seulement étaient des enfants), contre 79 (dont 18 enfants) personnes ayant reçues le statut de victimes en 2015.

Le rapport attire également l'attention sur les recommandations du bureau du procureur général pour de meilleurs pratiques d'identification des victimes et enquêtes et une meilleure coordination entre les différentes institutions. Les auteurs mentionnent également l'efficacité accrue des procédures pénales : quand seuls 18 suspects sur 40 étaient condamnés en 2014, la proportion meilleure allure en 2015, avec 17 condamnations pour 27 procédures. En outre, toutes les personnes condamnées en 2015 ont bel et bien reçu des peines de prison.

L'exploitation des enfants dans les orphelinats

Le rapport inclut également des recommandations dans les domaines où le pays présente encore des lacunes. Les auteurs ont souligné le fait que les services d'assistance aux victimes et les ONGs qui viennent en aide aux victimes sont sévèrement sous-financées. En outre, aucune assistance spécialisée n'est offerte aux enfants victimes de trafic d'êtres humains.

L'État s'est vu demander de redoubler ses efforts en matière de lutte contre l'exploitation sexuelle des enfants dans les orphelinats publics et des poursuivre les autorités complices ou négligentes de ces institutions.

La Lituanie n'offre actuellement pas d'assistance spécialisée aux enfants victimes de trafic d'êtres humains (Image: United Nations Photos)

Il a été recommandé d'intégrer un module de lutte contre la traite d'êtres humains dans la formation de base des agents de police et de mettre en place un comité interministériel afin de coordonner des efforts contre le trafic d'êtres humains à l'échelle gouvernementale.

"Les statistiques de 2015 montrent une augmentation du nombre de victimes identifiées. Si nous sommes heureux de cette tendance, ces chiffres sont en réalité bien plus élevés, quand on parle des victimes enfants, jeunes filles, femmes et hommes", a déclaré Jūratė Guzevičiūtė, directeur juridique de HRMI.

"La capacité à identifier les victimes et à ne pas leur attribuer la responsabilité de leur propre situation difficile (et leur reprocher de contribuer d'une certaine façon à la commission de ces infractions) est essentielle si l'on veut combattre efficacement la traite d'êtres humains. Ce n'est pas seulement important pour la protection des victimes et la garantie effective de leurs droits, il est aussi nécessaire d'assurer une réponse de l'État coordonnée et efficace à ce crime qui représente une forme d'esclavage moderne".

Pays source, de transit et de destination

La Lituanie est considérée comme un pays de transit et de destination pour les femmes et les jeunes filles faisant l'objet d'exploitation sexuelle, ainsi que comme un pays source et de destination pour les hommes faisant l'objet de trafic de main-d'œuvre. 40 % des victimes lituaniennes identifiées sont des femmes et de jeunes filles victimes de l'exploitation sexuelle dans le pays.

Selon les estimations, 40% des victimes de la traite d'êtres humains lituaniennes identifiées sont des femmes et des jeunes filles faisant l'objet d'exploitation sexuelle dans le pays (Image: ResoluteSupportMedia)

On note une augmentation du nombre d'enfants et d'adultes forcés à s'engager dans des activités criminelles mineures, tels que le vol à l'étalage, le vol et la vente de drogues, dans les pays nordiques et du nord de l'Europe. Certains hommes lituaniens sont victimes de travail forcé en Irlande, au Royaume-Uni et aux États-Unis.

Environ 4000 adolescents, garçons et filles, font toujours l'objet de soins institutionnels et sont particulièrement vulnérables au trafic.