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Ils trouveront un autre chemin, plus dangereux encore. Fermer la route des Balkans ne représente pas une solution à la crise des réfugiés.

Avec la fermeture de la route des Balkans, les milliers de réfugiés bloqués en Grèce n’ont pas d’autre choix que d’entreprendre des voyages plus périlleux encore, empruntant par exemple l’ancienne route qui mène de l’Albanie au Sud-est de l’Italie.

par Justine Cary
Tandis que les dirigeants européens déclarent avoir fermer la route des Balkans, principale route migratoire pour rejoindre l’Europe, ils sont en train d’abandonner des milliers de réfugiés en Grèce.

Depuis que la Macédoine, la Croatie et la Slovénie ont fermé leurs frontières, une tragédie humanitaire est train de se dérouler à Idomeni, où des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants restent bloqués, vivant dans de terribles conditions.

Si les gouvernements européens semblent fiers de leur accord passé avec Ankara (qui prévoit le retour des nouveaux migrants en Turquie) et déclarent avoir mis un terme aux «flux illégaux de migrants le long de la route située à l’Ouest des Balkans ».

Cependant, aucune mesure n’a été prise pour s’occuper des migrants restés bloqués en Grèce (auxquels s’ajoutent chaque jour de nouveaux arrivants), et il y a fort à parier que l’immigration clandestine va continuer, mais à travers d’autres routes, comprenant d’autres dangers pour les migrants.

Rejoindre l’Europe n’en sera que plus dangereux.

Les réfugiés ne peuvent pas simplement laisser tomber le voyage qu'ils ont entamé : ils emprunteront d’autres routes. Il est probable qu’ils essaient de rejoindre la côte albanaise et traversent la mer adriatique afin de se rendre à Apulia, en Italie. Cette route est bien connue des Italiens, puisque les immigrants albanais l’empruntaient dans les années 1990.

Sur cette route, le danger pour les migrants est bien plus grand. Ils devront, une fois encore, faire appel à des passeurs clandestins, sachant que les 80 kilomètres sont plus dangereux que la mer Egée, qui a vu périr déjà tant de migrants. En outre, ni l'Italie, ni l'Albanie ne sont prêtes à recevoir une vague accrue de migrants.

Les politiques européennes, plutôt que de résoudre la crise des migrants, aggravent la situation. Les réfugiés entreprennent des voyages clandestins périlleux. Si la traversée reliant l'Albanie à l'Italie est risquée, d'autres routes envisagées le sont encore plus, telle que celles reliant la Turquie à l'Italie, ou l'Égypte à Lampedusa.