L'Espagne doit protéger les droits et la santé des personnes détenues

Le coronavirus a de lourdes conséquences sur la santé et sur les conditions de vie des personnes détenues en Espagne. Des dizaines d'organisations ont fait part de leurs inquiétudes dans un document qu'ils ont présenté aux autorités.

Suite à l'initiative de l'Association des droits humains d'Andalousie (ADHA), une dizaine d'organisations comprenant entre autres l'ONG Rights International Spain, a envoyé un document au Ministère de l'Intérieur et au Secrétariat général des établissements pénitentiaires. Ils soulignent la nécessité d' "adopter des mesures urgentes en vue de contenir, d'une part, la propagation du virus au sein des prisons, et d'autre part, de garantir le respect des droits fondamentaux des personnes privées de liberté".

Les plus vulnérable doivent être libérés

Le texte appelle à un prendre "une série de mesures visant à assurer le respect des droits fondamentaux des personnes privées de liberté" et rappelle que les "services médicaux inadaptés au sein des prisons constituent des traitements inhumains et dégradants". Ils soulignent le fait qu'il y a sans doute "des situations dans lesquels une bonne administration de la justice pénale requiert l'adoption de mesures humanitaires tels que la libération ou l'assignation à résidence". Les organisations expliquent que le "système juridique [espagnol], par exemple, dispose de mesures alternatives à la privation de liberté en milieu fermé pour celles et ceux qui sont âgé.e.s".

Un manque de personnel médical à combler

Il est aussi extrêmement important de "renforcer de façon urgente le nombre personnel médical en prison", et de "s'assurer que les personnes infectées par le virus soient placées en isolement dans un établissement médical plutôt que dans une cellule". De la même façon, les associations appellent à "la libération immédiate des détenu.e.s. gravement malades ou de ceux.celles âgé.e.s de plus de 70 ans, ces derniers présente un groupe où les risques sont doubles". Elles demandent également la libération des personnes placées en détention provisoire, l'établissement d'autres formes de contrôle quand cela est nécessaire. Une autre requête concerne les communications entre les personnes détenues et leurs familles : les associations réclament des "appels téléphoniques gratuits et une augmentation des communications orales habituelles".

Mettre en place des appels vidéo pour répondre à la suppression des visites

Le Ministère de l'Intérieur a annoncé plus tôt qu'il suspendrait tous types de communication avec les personnes détenues. "Nous nous opposons à cela et demandons la mise en place immédiates d'appels vidéo dans toutes les prisons afin que les personnes détenues puissent communiquer avec les personnes avec lesquelles elles le font habituellement", ont rétorqué les associations.