Věra Jourová promet de défendre la liberté de la presse

La Commissaire européenne tchèque Věra Jourová a fait part de ses préoccupations sur les attaques verbales de la part de certains politiques visant des journalistes. Elle indiqué que le rôle des journalistes est de rendre difficile la vie des politiques.

Dans son discours introductif lors de son audition, la candidate à la Commission a parlé des trois priorités fondamentales sur lesquelles elle concentrera son travail au cours de son mandat. Elle a parlé de la démocratie européenne et de la façon dont le processus électoral permettant de choisir les représentant.e.s européen.ne.s pourrait changer.

Jourová défend les journalistes

La Commissaire a indiqué qu'elle superviserait les accusations portées contre les journalistes. "Les journalistes ne peuvent pas être persécutés et assassinés pour leur travail", a-t-elle martelé. À l'avenir, une assistance financière et juridique pourrait être fournie aux journalistes qui sont poursuivis en justice. "Je travaillerai dur pour trouver des moyens de soutenir le journalisme d'investigation et pour protéger les journalistes des menaces qui pèsent sur eux", a-t-elle insisté.

Babiš, un thème récurrent

Certains membres de la commission ont déclaré au préalable vouloir demandé à Jourova si elle s'assurerait du respect de l'état de droit et de la liberté de la presse en République tchèque, et garantir son indépendance vis-à-vis du premier ministre Andrej Babiš. Certains eurodéputé.e.s pensent que ce dernier est en conflit d'intérêt, lui qui contrôle de grandes entreprises dont plusieurs médias, via des fonds fonds fiduciaires.

L'eurodéputé Jiří Pospíšil (TOP 09) lui a demandé si approuvait la déclaration du Premier ministre Babiš selon laquelle en République tchèque, les poursuites pénales peuvent être arrangées. "Nous vivons dans pays où il est possible d'ordonner des poursuites et condamner à la prison", avait indiqué ce dernier l'an dernier dans la Chambre haute du Parlement tchèque.

"La justice tchèque a fait beaucoup de chemin depuis 2016, et a fait certains progrès. Je ne suis pas d'accord avec ce point de vue, quelque soit la personne qui la défend", a indiqué ce lundi Jourová.

L'eurodéputé slovaque Vladimir Bilchik a posé une question similaire à la Commissaire. Il a d'abord demandé si elle s'engagerait publiquement à coopérer avec le Parlement européen à l'avenir, avant de lui demander si elle était d'accord avec la déclaration d'Andrej Babiš, selon laquelle "le Parlement européen est un lieu abritant des discussions inutiles". La Commissaire a affirmé ne pas être d'accord avec ces propos, insistant sur le fait que "les parlements sont des éléments très importants de notre démocratie".

Transparence autour des élections et cybersécurité

La Commissaire tchèque tente également d'assurer la transparence des campagnes électorales dans les pays membres, dont certains ont récemment connu des tentatives d'influence des résultats électoraux en provenance de l'étranger. Dans ce contexte, elle envisage de mettre à jour les normes de cybersécurité en vue de protéger les infrastructures des cyberattaques. Selon elle, cela peut aussi s'appliquer aux partis politiques.

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