Pologne : la FHDH écrit au Ministère de la santé pour réclamer de meilleurs conditions pour les patients psychiatriques mineurs

La Fondation d'Helsinki des droits de l'Homme a adressé une lettre au Ministre de la santé pour faire part de ses préoccupations vis-à-vis des soins inadaptés pour les jeunes patients d'établissements psychiatriques, rapportés dans les médias.

Les médias polonais se sont récemment intéressés aux conditions auxquelles sont confrontés les patients enfants et adolescents qui ont besoin de soins psychiatriques. Les problèmes les plus urgents qui ont été rapportés comprennent : des financements insuffisants pour les établissements de psychiatrie pédiatrique spécialisée, des enfants placés dans des centres pour adultes, des patients mineurs sujets à des violences et abus sexuels perpétrés par des patients adultes, des psychiatres débordé.e.s, un pourcentage conséquent d'enfants et adolescents polonais.e.s souffrant de problèmes de santé mentale et de plus en plus d'établissements de psychiatrie infantile qui ferment.

La FHDH écrit une lettre au Ministère de la santé pour alerter sur les mauvaises conditions pour les patients mineurs

Cela fait bien longtemps que la Fondation d'Helsinki des droits de l'Homme (FHDH) s'engage pour faire en sorte que chaque individu puisse exercer ses droits à la santé et recevoir de bons traitements. Aussi, suite à ces reportages faisant la lumière sur les conditions et traitements inacceptables pour les mineurs nécessitant des soins psychiatriques, l'ONG a écrit une lettre au Ministère de la santé afin de souligner les normes internationales en matière de protection de la santé des mineurs. La lettre attire l'attention sur les obligations prévues dans la Convention européenne des droits de l'Home et la Convention relative aux droits de l'enfant. L'organisation a également souligné les recommandations du CPT (Comité européen pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants).

La lettre met l'accent sur les obligations de l'État concernant les droits des mineurs, à la lumière de la jurisprudence de la CrEDH

La Cour européenne des droits de l'Homme (CrEDH) a déclaré que l'État avait l'obligation de mettre en oeuvre des mesures spécifiques visant à prévenir la détérioration de la santé mentale des individus desquels il est particulièrement responsable. Dans la lettre, la FHDH souligne que l'État a des obligations spéciales envers les enfants, qui doivent être protégés face aux mauvais traitements, dont les abus perpétrés par des particuliers. Outre les normes établies par la CrEDH, la lettre mentionne également les recommandations formulées par le CPT, qui, fondées sur la supervision de plusieurs centres psychiatriques, précisent que les enfants et adultes doivent être placés dans des établissements séparés.

Un lien clair entre la santé des enfants et leur protection face à toute forme de violence

La FHDH attire également l'attention sur les normes établies dans la Convention relative aux droits des enfants. La lettre souligne qu'il existe une corrélation claire entre l'exercice du droits des enfants à la santé et leur droit à des conditions de vie adéquates et à la protection contre toutes formes de violences psychologiques ou physiques. La Convention établit que les enfants doivent avoir accès aux soins de santé mentale. Ces soins doivent être fournis conformément aux besoins de développement de l'enfant, notamment si la situation familiale de l'enfant en question est jugée difficile ou si ce dernier souffre d'une maladie stigmatisante.

La FHDH intervient également dans trois affaires concernant des incidents survenus dans l'hôpital psychiatrique provincial Professeur Tadeusz Bilikiewicz, à Gdánsk. Dans une lettre adressée au procureur régional, la Fondation a demandé des informations concernant les procédure en cours dans ces affaires. Elle insiste sur le fait que l'État doit garantir le droit à la santé et des conditions décentes en matière de soins médicaux, et qu'il s'agit de l'une de ses principales responsabilités.